Auteur/autrice : zanabahoaka

Ida Wells

  • Miray Vilany : mode d'emploi d’une cantine populaire

    Miray Vilany : mode d’emploi d’une cantine populaire

    Miray Vilany (littéralement « partager la marmite ») est une initiative de solidarité populaire portée par le collectif ZB (ZanaBahoaka)

    Son principe est simple : organiser des cantines solidaires et des distributions alimentaires, tout en créant des espaces de rencontre, de discussion et de soutien entre travailleurs et familles.

    Voici concrètement comment fonctionne Miray Vilany.


    1. Collecte de nourriture et de produits de base

    Miray Vilany repose d’abord sur une collecte collective de nourriture. L’objectif est de montrer que la faim est le résultat d’une non distribution des richesses et que la nourriture existe mais doit être récupérée.

    Deux types de contributions sont possibles quelques jours avant la date officielle de la cantine :

    Produits secs

    Les personnes peuvent donner des produits de base qui seront redistribués aux familles afin qu’elles puissent cuisiner chez elles.

    Exemples :

    • riz
    • tsaramaso (haricots)
    • pâtes
    • huile
    • sucre
    • conserves

    Ces produits permettent de constituer de petits paniers alimentaires que les familles peuvent emporter après la cantine.

    Plats préparés

    Il est aussi possible de donner de la nourriture déjà cuisinée :

    • quiches
    • gâteaux
    • pains
    • plats cuisinés

    Ces dons peuvent être récupérés la veille de la cantine afin de compléter le repas et d’éviter le gaspillage alimentaire. Nos militant.e.s viendront récupérer les dons secs et plats préparés, à un lieu de collecte annoncé.


    2. Le fonctionnement du repas partagé

    Miray Vilany commence avec un format volontairement simple : des petites cantines solidaires, et surtout régulières.

    Plutôt que de servir un grand nombre de personnes d’un coup, nous organisons des repas pour des groupes précis de travailleurs précaires. Dans un premier temps, le choix se fera par corps professionnels.


    4. Activités pour les enfants

    Pendant la cantine, des activités sont organisées pour les enfants.

    Cela permet aux parents de participer tranquillement au repas et aux discussions.

    Les activités peuvent inclure :

    • dessin
    • jeux collectifs
    • lecture
    • petits ateliers créatifs

    Ces moments contribuent aussi à créer un espace convivial et respectueux des enfants autour de la cantine.

    3. Distribution de nourriture à emporter

    À la fin de la cantine, les participantes peuvent repartir avec des produits alimentaires à utiliser chez elles.

    Ces paniers peuvent contenir par exemple :

    • riz
    • tsaramaso
    • huile
    • sucre
    • conserves

    L’objectif est que la solidarité ne se limite pas à un repas mais soutienne les familles sur plusieurs jours.


    5. Comment participer à Miray Vilany

    Miray Vilany est une initiative collective et surtout autonome. Chacun.e peut y contribuer de différentes façons.

    Faire un don financier

    Les dons permettent d’acheter les produits alimentaires nécessaires à l’organisation des cantines et à la constitution des paniers alimentaires.

    Via la cagnottee Leetchi : https://www.leetchi.com/fr/c/miray-vilany-cantine-solidaire-a-madagascar-8655828?utm_source=copylink&utm_medium=social_sharing

    Via Mvola (merci de nous contacter si vous souhaitez utiliser ce moyen)

    Donner de la nourriture

    Il est possible de contribuer en donnant :

    • produits secs
    • plats faits maison
    • surplus alimentaires

    Nous encourageons particulièrement les restaurateurs, traiteurs, propriétaires de commerce, chefs cuisiniers, propriétaires d’espaces à nous contacter en amont pour voir si des collaborations peuvent être faites pour accueillir les prochaines cantines ou penser la production des repas ensemble, toujours dans un esprit anti-gaspillage et respect nutritionnel des invités.

    Participer comme bénévole

    Les bénévoles peuvent aider pour :

    • la préparation des repas
    • l’organisation logistique
    • les activités pour les enfants

    Merci de nous contacter sur Facebook, notre Instagram ou par mail : zanabahoaka@disroot.org


    Conclusion

    Miray Vilany repose sur une idée simple :
    le refus de l’ordre établi commence par les gestes les plus concrets de solidarité.

    Miray vilany, miray tolona.
    Partager la marmite, partager la lutte.

  • Les travailleurs ne sont-ils que des matériaux ? De l’expérience du cyclone GEZANI par la classe ouvrière

    Les travailleurs ne sont-ils que des matériaux ? De l’expérience du cyclone GEZANI par la classe ouvrière

    Trois jours après son passage, le cyclone GEZANI dénombrait déjà 38 morts. Plusieurs familles ont perdu leurs foyers, des parents pleurent leurs enfants. Et au cœur de ce désastre, un événement que l’on a tenté de reléguer au rang de « fait divers », au vu de sa faible visibilité : treize personnes, dont un nourrisson de six mois, mortes dans un conteneur métallique qui leur servait de logement à Toamasina.

    Entretien RFI publié le 13 février 2025

    Une vie d’exploité et de marchandise

    Ces 13 personnes n’étaient pas originaires de Toamasina. Elles venaient d’autres régions, déplacées par la nécessité économique, contraintes de vendre leur force de travail pour survivre et subvenir aux besoins de leurs familles. Il leur a été vendu un emploi dans le secteur de la construction, dans une ville présentée comme un pôle stratégique du développement national, largement favorisée par les investissements en infrastructures sous le régime de Rajoelina.

    Mais derrière la promesse d’un emploi se cachait une réalité brutale. Déplacés et sans considération aucune, ouvriers et familles étaient logés dans un conteneur de 40 pieds, une boîte de métal conçue pour transporter des marchandises. Ce choix n’est ni marginal ni accidentel. Il est rationnel du point de vue du capital : réduire les coûts, externaliser les risques, rendre la vie ouvrière invisible.

    Lorsque le cyclone a frappé, cette dite rationalité a produit son résultat « logique ». Le conteneur a été soulevé, projeté sur des dizaines de mètres, puis englouti. Sur les 21 personnes qui s’y trouvaient, 13 sont mortes sur le coup.

    Quelle équation pour les capitalistes/patrons ?

    L’entreprise de construction affirme avoir payé toutes les démarches des funérailles et fournit un soutien alimentaire aux familles endeuillées. Ce geste, présenté comme humanitaire, est en réalité un mécanisme classique de gestion de crise : contenir l’indignation, éviter la remise en cause structurelle, refermer le dossier.

    Or, une partie de ces familles est déjà six pieds sous terre : le coût de la mort reste largement plus bas que donner aux ouvriers le fruit et les profits de leur travail en amont, soit un logement digne et des conditions d’existences décentes.

    Le coût de la mort (cercueils, nourriture, silence) est bien inférieur à celui qu’impliquerait, en amont, la garantie de conditions de vie sûres, dignes et égalitaires pour les travailleurs.

    Dans ce système, la mort ouvrière n’est pas une anomalie économique.
    Elle est un risque intégré, absorbé comme une perte acceptable.

    Pendant que les entreprises évaluent leurs pertes matérielles et la reprise des flux commerciaux trois jours après, la vie de celles et ceux qui construisent ces infrastructures est traitée comme une variable secondaire.

    Être triste et en colère ne suffit plus

    Sur les réseaux sociaux, les photos des victimes et des familles font le tour de la toile. Tout le monde s’attriste, tout le monde s’indigne. Mais personne ne s’intéresse à la raison pour laquelle cette « catastrophe naturelle » est arrivée et comment empêcher que cela se reproduise de nouveau. Cette réaction est tout à fait normale : les personnes concernées sont sous un choc assourdissant, l’émotion collective est massive, la colère est légitime. Plus d’électricité, plus de foyers, plus d’hôpitaux publics, et on en passe.

    C’est précisément ainsi que fonctionne le pouvoir : laisser la catastrophe absorber toute l’énergie sociale. Le choc, la survie immédiate, l’effondrement des services publics neutralisent la capacité d’action.

    Ceux qui ont les moyens doivent se mobiliser pour des actions de solidarité, oui. La survie de nos semblables en dépend. Mais on ne doit pas s’arrêter là. Le problème est politique, et donc évidemment économique. Pour faire face et lutter pour de bon, il faut s’organiser entre oppressés. Et cette situation post-cyclonique est un terrain fertile pour pratiquer nos capacités à s’organiser et défendre nos intérêts en tant que classe ouvrière.

    Refuser la logique de la survie comme réponse unique implique de nommer clairement les faits :

    • La catastrophe résulte d’une mise en danger systémique.
    • Les familles précaires de Toamasina n’ont pas besoin d’une « assistance » mais d’une responsabilité politique et économique.
    • Les dégâts ne sont pas naturels mais découlent d’un rapport de classe.

    S’organiser ne signifie pas seulement s’entraider après la catastrophe.
    Cela signifie construire un rapport de force durable autour du logement, du travail, de la sécurité et de la libération de la classe ouvrière.

    Que changent ces morts ?

    Au final, les travailleurs morts dans ce conteneur ne sont ni les premiers ni les derniers à être exposés à ces risques et conditions. Ils sont l’expression concentrée d’un système où ceux qui bâtissent les villes n’ont eux-mêmes pas droit à un toit digne.

    GEZANI a remis les pendules à l’heure sur les conditions dans lesquelles le prolétariat et lumpenprolétariat malgache vit. Le cyclone n’a fait que rendre visible le cauchemar dans lequel est plongé quotidiennement les travailleurs.

    Aujourd’hui, la seule priorité est la survie de nos camarades. Mais demain, il faudra penser à s’organiser afin d’arracher le pouvoir des mains de la bourgeoisie capitaliste.

    Pour aller plus loin :

    Karl Marx, Salaire, prix et profit : https://www.marxists.org/francais/marx/works/1865/06/km18650626.htm

    Kwame Nkrumah, Class struggles in Africa : https://dn721907.ca.archive.org/0/items/class-struggle-in-africa/Class%20Struggle%20in%20Africa_text.pdf

  • Mila ovaina ny làlan’ny rivotra

    Indraindray ny natiora dia toa manana ny “fahalemem-panahy” mampitandrina mialoha, alohan’ny hanova ny anjaran’olona antsasaky ny tapitrisa monina amin’ny faritra maro.

    Saika tsy misy sisa i Toamasina, iray amin’ireo havokavoka ara-toekaren’i Madagasikara, taorian’ny fandalovan’i Gezani. Lazaina fa eo anelanelan’ny 75 % hatramin’ny 90 % ny fahasimbana. Sambo roa monja no handrakotra ny faritra Analanjirofo, izay manodidina ny 21 930 km². Ireo tarehimarika vitsy ireo dia manaporofo ny tsy firaharahian’ny manampahefana manoloana ny loza efa mananontanona.


    Misy vola ho an’ny dia miverimberina amin’ny jet privé, fa tsy ho an’ny fiomanana amin’ny loza? Tsy takatry ny saina ary tsy azo ekena.

    Ahoana no tsy hahatezitra manoloana ny vahaolana zara raha misy?

    Isan-taona, amin’izao fotoana izao, dia iharan’ny tafio-drivotra sy rivodoza ny firenena. Ary isaky ny mitranga izany, mitovy hatrany ny tantara mampalahelo:
    miantso vonjy, miantso firaisankina nasionaly na vavaka — indray mandeha indray — raha mbola miroso lalindalina kokoa ao anatin’ny fiankinana sy trosa ny firenena.

    Rahoviana no hisy tena fandraisana andraikitra avy amin’ireo milaza fa afaka mitondra?

    Ny fampihenana ny vidin’ny tafo vy sy ny fantsika mba hahafahan’ny mponina marefo manarina, eo am-piandrasana ny loza manaraka, moa ve izany no atao hoe fanavaozana?

    Milaza izy ireo fa misy vola an-tapitrisany dolara hovahana. Fa oviana no efa tsy nisy fepetra miafina ny fanampiana avy any ivelany? Ary firy amin’izany no tena hahatratra ny vahoaka sy ny fanarenana ireo faritra voadona?

    Fitsapana ho an’ity fitondrana vonjimaika ity izao loza izao.
    Hatramin’izao, ny fahakiviana no tena manjaka.

    Aoka tsy hohadinoina fa aorian’ny alahelo dia tonga hatrany ny hatezerana, alohan’ny fisaonana.

    Hery sy fahasahiana ho an’ny kamarady rehetra.

    Ny tolona ihany no manafaka.

  • Ny apinga sy ny kaly

    Ny apinga sy ny kaly

    Le kaly n’est pas seulement ce qu’on mange. C’est la condition minimale pour exister socialement, et donc pour lutter. Et pourtant, l’accès à cette base matérielle de la vie est aujourd’hui organisé par des logiques qui produisent dépendance, humiliation et dépolitisation. On devrait être capable de gagner notre pain, alors que certain.e.s d’entre nous sont nés au sein de la boulangerie. Alors que près de 80% de la population de Madagascar vit sous le seuil de pauvreté, la solidarité est une stratégie essentielle dans la lutte pour la libération totale de Madagascar.

    Face à l’incapacité chronique de l’Etat malgache et de ses géniteurs impériaux à garantir la sécurité alimentaire, la solidarité doit cesser d’être un simple supplément d’âme pour devenir une stratégie offensive. Ny apinga sy ny kaly (le bouclier et la nourriture) représente cette articulation nécessaire entre l’offensive militante, la subsistance organisée, l’autonomie matérielle et la résistance. En lançant la cantine solidaire Miray Vilany, notre collectif ne fait pas de la charité mais prend le parti de l’organisation parallèle. Car sans base matérielle déclenchée par la redistribution, il n’y a ni unité politique durable, ni capacité de résistance.

    1. La faim comme technologie de gouvernement

    La pauvreté à Madagascar n’est pas une fatalité géographique ni une crise spirituelle passagère, mais bien un produit administratif et politique. L’insécurité alimentaire fonctionne comme une « technologie de gouvernement » dans le sens où elle vise à absorber l’énergie sociale dans l’urgence perpétuelle, remplaçant la lutte par la simple survie. Cette situation est exacerbée par une dépendance aux structures internationales et une exploitation des ressources naturelles par des intérêts étrangers qui ne profitent pas à la population.

    Ce système produit un glissement sémantique dépolitisant portés par les « partenaires techniques et financiers » :

    • Les citoyens et droits disparaissent derrière la figure du bénéficiaires
    • On ne parle plus d’exploitation, mais de vulnérabilité

    En obligeant les masses à consacrer leur journée entière à la quête d’eau et de nourriture (privations qui ont précisément servi de détonateur à la révolte de la Gen Z en 2025) le régime cherche à neutraliser toute capacité de projection politique. En transformant des sujets politiques en figures d’assistés, le pouvoir et les instances internationales vident la question sociale de son contenu conflictuel. La gestion de l’aide humanitaire devient alors un outil de maintien de l’ordre où la légitimité des dirigeants ne dépend plus du suffrage, mais de leur capacité à capter et distribuer les flux de la coopération internationale.

    2. Charité vs solidarité : deux logiques ennemies

    La charité fonctionne selon une logique verticale : elle naturalise l’inégalité et maintient le dominé dans une attente passive vis-à-vis d’un extérieur providentiel. À l’inverse, la solidarité stratégique part d’un constat radical : nous partageons la même condition matérielle face à un système prédateur. À Madagascar, si le fihavanana est souvent mobilisé comme un code de paix sociale, il est parfois utilisé pour masquer les fractures de classe et les rapports de domination locaux. A l’échelle de l’aide internationale, le « partenariat joue le même rôle de passe-partout : un mot lisse qui recouvre des hiérarchies impériales bien réelles.

    Dans le capitalisme dépendant malgache, l’État est hypertrophié pour la répression, mais s’avère structurellement défaillant pour les services de base. Il s’agit bien ici d’un choix d’investissement et d’une priorisation de chantier parmi les services publics. Entre la violence étatique et l’urgence des ONG (qui dépolitisent souvent les causes de la faim et individualisent les problèmes sociaux), il existe un vide que seule l’organisation populaire peut combler. Organiser collectivement le kaly, c’est affirmer que notre survie ne doit plus dépendre ni du marché, ni des bailleurs de fonds étrangers.

    Dans les communautés rurales et urbaines malgaches, les mécanismes de protection sociale informelle reposent souvent sur la réciprocité. Cependant, ces réseaux sont mis à rude épreuve par une pauvreté extrême qui fragilise les liens organiques. Il ne s’agit donc pas de « faire du social », mais chercher à construire du pouvoir populaire autonome. C’est un acte de souveraineté matérielle qui préfigure une rupture avec l’ingérence française et les récits néocoloniaux.

    3. Nourrir comme acte politique : le « Free Food Program » du Black Panther Party

    Le projet Miray Vilany s’inspire directement de la théorie et de la pratique de la « survie révolutionnaire » développées par le Black Panther Party aux États-Unis dès 1969. Pour Huey P. Newton, les survival programs n’étaient pas de la philanthropie, mais un outil d’organisation et de mobilisation.

    Le concept de « Survival Pending Revolution » : Le BPP comparait ces programmes au « kit de survie d’un marin sur un radeau » : ils permettent de rester en vie jusqu’à ce que les structures soient transformées.


    La logistique autonome de combat : Le programme ne sollicitait aucune subvention gouvernementale. Il reposait sur l’extraction de surplus des commerçants locaux, contraints de « rendre au peuple » sous menace de boycott.


    La qualité comme propagande par les faits : Contrairement aux programmes étatiques médiocres, le BPP servait des repas complets (œufs, viande, lait…) lors de leur programme de petit-déjeuners gratuits distribués aux enfants avant l’école. Cette qualité démontrait concrètement que le Parti traitait mieux le peuple que l’État sur plusieurs plans.


    Le succès fut tel que le FBI, sous J. Edgar Hoover, a ciblé ces programmes comme le vecteur de légitimité le plus dangereux du mouvement, tentant de les saboter par des rumeurs d’empoisonnement et des raids nocturnes. Un autre impact de ces cantines a été le développement par le gouvernement de ses services d’aide à l’alimentation.

    L’histoire des luttes montre que la gestion de la subsistance est un puissant levier de politisation. Lors des révoltes de 2025, ce sont les privations insupportables d’électricité et d’eau qui ont servi de catalyseur à une remise en cause systémique du régime d’Andry Rajoelina. Un programme alimentaire pensé politiquement transforme le repas en un point d’entrée pour l’organisation.

    Ce qui est décisif ici n’est pas uniquement le partage d’un repas, mais également ce qui se construit autour :

    • Créer des espaces réguliers de rencontre hors du contrôle de l’État.
    • Tisser des liens de confiance nécessaires à l’action
    • Identifier et former des militants organiques
    • Démontrer concrètement que l’organisation populaire est plus efficace que les structures étatiques défaillantes

    Conclusion : De la cantine à l’organisation révolutionnaire

    Dans un contexte de capture de l’État par une bourgeoisie extractiviste, construire des pratiques autonomes de solidarité est un acte de rupture métabolique. Un programme alimentaire pensé politiquement n’est pas une fin en soi, mais un chantier prioritaire pour transformer les « bénéficiaires » et « vulnérables » en militants actifs, les « militants actifs » en maillons de la chaine de solidarité matérielle.

    Passer de la survie isolée à la survie organisée permet de former des individus dont la conscience politique s’ancre dans leur propre expérience matérielle. La solidarité n’est pas située à côté de la lutte : elle en est le moteur souverain. En maîtrisant notre reproduction matérielle, nous reprenons l’initiative politique sur l’avenir de notre pays.

    Tsy maintsy mitohy ny tolona.

    Pour aller plus loin :

    • Initiative-communiste.fr, « Madagascar : vers sa seconde indépendance et la souveraineté populaire, » 2026, https://www.initiative-communiste.fr/articles/international/madagascar-vers-sa-seconde-independance-et-la-souverainete-populaire/
    • Madagascar-tribune.com, « Le Transfert institutionnel comme condition de l’hégémonie post-coloniale, » 13 décembre 2025, https://www.madagascar-tribune.com/Le-Transfert-institutionnel-comme.html
    • Amin, Samir. Unequal Development: An Essay on the Social Formations of Peripheral Capitalism. Translated by Brian Pearce. New York: Monthly Review Press, 1976. (Cambridge University Press & Assessment)
    • Escobar, Arturo. Encountering Development: The Making and Unmaking of the Third World. Princeton, NJ: Princeton University Press, 1995. (Void Network)
    • Ferguson, James. The Anti-Politics Machine: “Development,” Depoliticization, and Bureaucratic Power in Lesotho. Cambridge: Cambridge University Press, 1990.
    • Hayter, Teresa. Aid as Imperialism. Harmondsworth: Penguin Books, 1971. (archive.org)
    • Lenin, Vladimir Ilyich. Imperialism: The Highest Stage of Capitalism. Petrograd, 1917. (marxists.org)
    • Newton, Huey P. Revolutionary Suicide. New York: Random House, 1973.
    • Nkrumah, Kwame. Neo-Colonialism: The Last Stage of Imperialism. London: Thomas Nelson & Sons, 1965. (marxists.org)
    • Patel, Raj. Stuffed and Starved: The Hidden Battle for the World Food System. London: Portobello Books, 2007. (archive.org)
    • Rodney, Walter. How Europe Underdeveloped Africa. London: Bogle-L’Ouverture Publications; Dar es Salaam: Tanzania Publishing House, 1972.
    • Seale, Bobby. Seize the Time: The Story of the Black Panther Party and Huey P. Newton. New York: Random House, 1970.
    • Bloom, Joshua, and Waldo E. Martin Jr. Black Against Empire: The History and Politics of the Black Panther Party. Berkeley: University of California Press, 2013.
    • Sen, Amartya. Poverty and Famines: An Essay on Entitlement and Deprivation. Oxford: Clarendon Press, 1981. (archive.org)

  • LANCEMENT DE LA CANTINE SOLIDAIRE DE ZB

    LANCEMENT DE LA CANTINE SOLIDAIRE DE ZB

    📣Ce message est pour les camarades sur Antananarivo !

    ZB lance sa cantine solidaire Miray Vilany pour sa première action de l’année. Si toi aussi tu souhaites dépasser les approches classique de l’aide, humanitaire et de la « charité », rejoins-nous dans la construction de cet espace de solidarité ! Faisons de cette cantine un acte et une formation radicales. 🪏

    Si tu souhaites participer et avoir des renseignements, écris-nous par mail à : zanabahoaka@disroot.org