Communiqué

  1. NOUS DÉMENTONS

Nous démentons formellement : nous ne sommes signataires d’aucun appel visant à “raisonner le gouvernement”.

Notre nom a été associé, sans notre accord, à un communiqué qui circule actuellement et est intitulé « Appel urgent à une transition concertée, transparente et inclusive et à des réformes des institutions ». LE signataire “zanabahoaka” en dessous du texte ne correspond pas à notre organisation politique.

Ce procédé est inacceptable. Il est aussi révélateur d’une pratique politique que nous combattons : parler au nom des autres, confisquer la parole collective dans des espaces légitimés, fabriquer du consensus là où il n’existe pas.

Nous appelons urgemment les initiateurs à supprimer notre nom et à clarifier la situation.

2) NOUS DENONCONS VOS PRATIQUES POLITIQUES

Mais le problème n’est pas seulement là. Nous refusons le fond même de ce texte et les raisons qui motivent sa publication. on tourne en rond, vous refaites les erreurs de vos prédecesseurs.

nous répétons : ce genre d’appel à la raison d’un gouvernement croit porter une rupture mais réduit la crise politique à un problème de gouvernance, de bonne volonté, de moralité, de méthodes et de transparence, comme si l’effondrement du pays n’était qu’un dysfonctionnement technique.

Or ce que nous vivons n’est pas une crise de procédure. c’est un rapport de domination à détruire. C’est une crise produite par des rapports de pouvoir historiques, par des élites politiques et économiques, par des logiques d’accumulation et de dépendance.

Ce texte s’inscrit dans une logique réformiste qui prétend corriger un système  de l’intérieur, en ayant une place à la table des puissants, mais qui est en réalité structuré pour produire inégalités, dépossession et répression.

Nous ne croyons pas à l’amélioration d’un système qui organise la misère.

Nous ne croyons pas à des chartes écrites sans peuple.

Nous ne croyons pas à des institutions recyclées sous de nouveaux noms.

Nous ne croyons pas à des transitions pilotées d’en haut, négociées entre acteurs qui ont déjà échoué.

La transformation politique ne se décrète pas dans des communiqués et des conférences entre forces libérales.

Elle se construit dans les luttes, dans l’organisation, dans l’ancrage populaire.

C’est là que nous, zanabahoaka (zb), nous situons.

3) NOUS REFUSONS LE CINEMA DES INSTITUTIONS

Votre “jeunesse” n’est pas la nôtre

Vous invoquez la “jeunesse malagasy”.

Nous refusons cette catégorie telle qu’elle est utilisée par les institutions qui l’instrumentalisent.

Une jeunesse réduite à :

  • des quotas
  • des panels
  • des dispositifs de représentation
  • des prix et des distinctions

Une jeunesse invitée à participer, mais jamais à décider. mobilisée comme image, jamais comme force politique autonome.

Nous ne sommes pas cette jeunesse-là.

Hier encore, la remise du prix Schuman 2026 par l’ambassade de l’Union européenne à Madagascar a consacré cette mise en scène.

Parmi les lauréats : la “jeunesse malagasy”.

Pendant ce temps :

Où était cette Union européenne :

  • lors de l’exfiltration de l’ancien président avec la complicité de la france ?
  • lorsque des jeunes manifestaient et étaient réprimés ?
  • aujourd’hui, face aux arrestations et intimidations ?

L’impérialisme ne se contente pas d’intervenir. Il sélectionne aussi ce qu’il reconnaît, ce qu’il récompense et ce qu’il invisibilise.

Nous refusons ces formes de légitimation qui servent à stabiliser un ordre injuste.

Nous n’avons pas besoin de prix.

Nous n’avons pas besoin d’être reconnus par ceux qui ferment les yeux sur la répression et sont en partie responsables du maintien de madagascar dans cette situation.

4) NI RÉCUPÉRATION, NI COMPROMIS : SOLIDARITÉ POPULAIRE ET LUTTE 

Nous ne lutterons pas seuls.

Mais nous refusons les alliances qui neutralisent la lutte, qui diluent les positions, qui transforment la colère en discours acceptable, lisible par les institutions et dans la concertation avec des personnes qui ne se soucient pas de la survie du peuple de madagascar.

Nous ne sommes pas là pour aménager le système et ceux qui en profitent.

Nous faisons le choix de l’organisation révolutionnaire (= qui refuse la réforme d’un système qui écrase les malgaches), de l’ancrage et de la confrontation politique.

Nous avons choisi nos camarades de lutte (nous remercions nos organisations alliées qui ont assez de décence pour ne pas signer ce type de communiqué).

Nous choisissons nos camarades de lutte: les organisations alliées qui ont eu la décence de refuser de signer et celles qui subissent une tentative de récupération mesquine (signataire ajouté sans concertation et approbation). Nous les invitons à aligner leurs positions et à faire front commun contre l’opportunisme déguisé en militant“pour la jeunesse malagasy”.

Nous ne trahirons ni nos engagements, ni notre pays.

SEULE LA LUTTE LIBÈRE.

trad MG en cours

[ENG]

  1. WE REFUTE

We formally refute: we didn’t sign any call to “reason the government”.

Our name was associated, without our consent, to a press release going around and titled “Urgent call to a consulted, transparent and inclusive transition and for reforms of the institutions”. The signatory “zanabahoaka” below the text does not represent our political organisation.

This process is unacceptable. It is also revealing of a political pratice we do fight: speak in the name of others, confiscate the collective voice in legitimised spaces, fabricate a consensus when there is none.

We URGENTLY call on the people at the initiative to delete our name and clarify the situation.

2) WE DENOUNCE YOUR POLITICAL PRACTICES

The problem is not limited there. We refuse the text in substance and the reasons that motivated its publication. We are going in circles, you repeat your predecessors’ mistakes.

We repeat: this kind of call to reason from a government thinks of bringing a rupture but in fact, reduces the political crisis to an issue of governance, good will, morality, methods & transparency, as if the crash of the country is only a technical difficulty

Yet what we are living is not a procedural crisis, it is a power dyncamic to crush. This is a crisis built on historical power dynamics, by political and economical elites, by hoarding and dependence logics.

This text is ingrained in a reformist logic that pretends to change a system from the inside, by having a seat at the table of the power holders, that really is structured to produce inequalities, dispossession and repression.

We do not believe in the bettering of a system that structures misery.
 We do not believe in charters written withe the people.
 We do not believe in recycled institutions under new names.
 We do not believe in transitions from the top, negociated between parties that already failed.

The political change is not decreted i press releases and conferences between liberal forces.

It is built in the struggles, in the organising, grounded in the People.

That is where we, Zanabahoaka (ZB), are situated.

3) WE REFUSE THE INSTITUTIONS PLAY

Your “youth” is not ours.

You invoque the “malagasy youth”

We refuse this category as used by institutions that appropriate it.

A youth reduced to:

  • Quotas
  • Panels
  • Representation politic
  • Prizes and recognitions

A youth invited to participate, but never decide, leveraged for the image, never as an autoomous political body.

We are not of that youth.

Just yesterday, the 2026 Schuman prize by the European Union embassy in Madagascar staged that consecration.

Among the winners: the “malagasy youth”.

Meanwhile:

  • Young people are fired at
  • Activists are being arrested
  • Voices are silenced

And international institutions remain silent.

Where was this European Union:

  • During the former president’s exfiltration with the complicity of France?
  • When the youth was marching and being quelled?
  • Today, with the arrests and intimidations?

That silence is not a mishappen.

It is a position.

Imperialism doesn’t just intervene. It selects what it recognizes, awards and invisibilise.

We refuse these forms of legitimation that serve to maitain an unjust order.

We do not need prizes.

We do not need to be recognized by those that close their eyes to the repression and are partly responsible for maitaining Madagascar in this situation.

4) NO RECAPTURE, NO COMPROMISE: PEOPLE’S SOLIDARITY AND FIGHT

We do not fight alone.

But we refuse alliances that neutralise the fight, that dilute positions, that converts anger to acceptability politics, readable by institutions and in concertations with people that don’t have the survival of the people of Madagascar at heart.

We are not here to accomodate the system and those that get the most of it. 

We choose a revolutionary organisation (= that refuses a system’s reform that crushes malagasy people), for grounding and political confrontation

We choose our comrades for the struggle: allied organisations that had the decency to refuse the signing and the ones that are subjected to a petty attempt of appropriation (signatory added without cocertation or approval).

We invite them to align their positions and to make a common front against the opportunism disguised as activist “for the malagasy youth”.

We will neither betray our commitments, nor our land.

ONLY STRUGGLE BRINGS LIBERATION.

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